L'enfant oppostionnel
De nos jours, les "spécialistes" adorent mettre des étiquettes sur les gens. Surtout sur les enfants.
Selon son institutrice, Philippe présente des signes de "déficite d'attention". Elle veut le faire voire par un psychologue. La pédiatre tant qu'à elle, le catégorise "d'oppositionnel". Même si je n'aime pas les étiquettes, elles peuvent tout de même aider car mettre un nom sur la "condition" peut nous permettre d'ajuster nos interventions...car celles présentées dans tous les livres, à appliquer avec des enfants "normaux" ne fonctionnent pas avec Philippe. Ça peut aider et même encourager de constater que ce n'est peut-être pas parceque nous (les parents) sommes totalement nuls (!), mais bien parceque un enfant "oppositionnel" comme Philippe a besoin d'un autre genre d'intervention.
J'ai toujours du mal à expliquer aux gens qu'est-ce que Philippe a de "différent". J'ai donc commencé des recherches pour faire le ménage dans ma tête, m'aider moi-même à comprendre le mécanisme de tout ça. Chummy et moi avons donc changé de "style" de lectures...il nous faut autre chose pour aider Philippe, pas les livres psycho-pop sur les enfants habituels.
À date, voici ce que je retiens de l'enfant oppostionnel (je résume autant que possible!) :
Qui est l'enfant oppositionnel?
Le trait de caractère le plus évident de l'enfant oppostionnel est son caractère défiant et ... oppostionnel. Il s'oppose à TOUT. Des chicanes en n'en plus finir surviennent à propos de des péquadilles. Les parents ont le sentiment de constament devoir marcher sur des oeufs. La moindre demande déclanche une guerre à n'en plus finir. Imposer des règlements à la maison et des limites deviennent un travail à temps plein, épuisant toutes les énergies parentales.
L'enfant oppositionnel se voit au même niveau que l'adulte. Par conséquent, il débat, argumente sans cesse. Nous renforçons ce comportement si on "nourrit" l'enfant en argumentant et justifiant sans cesse nos interventions!
Mais pourquoi est-il (elle) oppositionnel (le)?
Les parents d'enfants oppositionnels doivent comprendre que leurs motivations (inconscientes la plupart du temps) sont différentes des "autres" enfants. Il s'agit tout simplement d'un comportement que l'enfant juge "gagnant" et voit la réaction de leur parent comme une récompense.
En tant qu'adulte, si nous avons un différend avec notre enfant, notre réflexe est de trouver une solution à la dispute. Pour nous, gagner l'argumentation veut dire qu'en bout de ligne l'enfant fait ce que nous voulions qu'il fasse. Pour l'enfant, "gagner" veut dire qu'il réussit a démontrer son pouvoir. Comment démontre-t-il son pouvoir? En faisant fâcher, réagir ses parents. En tant que parents, on ne comprend absoluement pas pourquoi notre enfant met autant d'énergie à résister, puisqu'en bout de ligne (après une incroyable quantité d'énergie déployée de la part du parent, doit-on mentionner...!), l'enfant fait ce qu'on lui demandait. MAIS, pour l'enfant, c'est LUI qui a gagné, étant donné qu'il a réussi à nous faire fâcher, argumenter, dealer, discuter, menacer, nous rendre triste, afficher un air découragé, etc.
Vous me direz que tous les enfants aiment faire réagir leurs parents. Je vous dirai que ce qui est différent ici, c'est que l'enfant oppostionnel applique ceci à TOUS les aspects de sa vie. Absolument TOUS. Brosser les dents, s'habiller, partir pour un rendez-vous, partager un jouet, mettre la table, dire bonjour, aller prendre sa douche, ranger ses jouets, choisir un film, monter dans l'auto, essayer un vêtement ou des souliers au magasin, s'asseoir sur telle chaise au restau, partir quand c'est le temps, arrêter son jeu pour venir dîner, tout, tout, tout est prétexte à l'argumentation. Si j'appelle Philippe pour venir s'habiller pour jouer dehors, je sais que ce sera non. Si je lui dis de laver ses cheveux avec du shampooing, c'est non. Aller mettre son pyjama...non, toujours non. Et voilà la guerre qui recommence. Que ce soit la routine et que ça fasse des centaines de fois qu'il mette son pyjama et s'habille le matin, ça ne dérange absolument rien, il résiste et c'est toujours "non".
À noter que l'enfant n'applique pas nécéssairement ceci envers tout le monde. Il l'applique envers tous ceux qui représentent une autorité. Donc, la pauvre institutrice de Philippe commence à en ressentir les répercussions elle aussi...
On comprend que les parents, face à tout cela, tenteront d'éviter les confrontations si désagréables et si nombreuses dans une journée. Donc, voici notre petit oppositionnel qui gagne, au cours d'une journée, un TAS de victoires silencieuses. Résultat : les limites sont "étirées" et parfois même, complètement retirées.
Changer ce comportement?
Premièrement, mentionnons qu'il faut À TOUT PRIX éviter de RÉAGIR. Sachant qu'aussitôt que nous ayons une quelconque réation l'enfant gagne, demeurer de marbre ne récompensera pas notre petit "oppositionneux" (!) Surhumain me direz-vous. J'en conviens, mais nous n'avons pas le choix : pour faire disparaître l'action, nous devons retirer la récompense qui en découle. Ne pas argumenter. Ne pas discuter. Ne pas crier. Surtout, ne pas se justifier. Le calme PLAT...à la limite, rester de bonne humeur et sourire peut être une bonne idée!
Sachons aussi que nous devons éviter de discuter de quoi que ce soit dans le feu de l'action. Lorsque l'enfant est en colère, nous crie après, argumente, est impoli, ce n'est pas le moment de faire de même et de se mettre à hurler à notre tour. Soyons fermes et appliquons la règle que l'on avait choisi en cas de mauvais comportement de la part de l'enfant.
On nous conseille de faire une liste de règles et de conséquences si ces règles sont brisées. Les conséquences doivent être quelque chose que l'enfant perd : un jouet ou un privilège (pas le droit de regarder son émission ce jour-là). Notons ici qu'il est tout à fait INUTILE de promettre un privilège à l'enfant oppositionnel en échange de bon comportement : ce n'est PAS la récompense qu'il recherche. Quelle est la récomponse qu'il recheche? Vous vous souvenez??? Faire RÉAGIR le parent! La voilà sa récompense, c'est plus important que n'importe quoi d'autre!
On déconseille fortement de "dealer" avec l'enfant : "si tu range ta chambre, tu auras un bonbon". Un renforcement positif devrait suivre un bon comportement spontanné (de temps en temps, par à CHAQUE bon comportement) chez l'enfant : aller au cinéma avec un parent, par exemple.
L'important:
*************
Je n'ai pas terminé mes lectures...d'autres postes sur l'enfant oppositionnel suivront sûrement!
Selon son institutrice, Philippe présente des signes de "déficite d'attention". Elle veut le faire voire par un psychologue. La pédiatre tant qu'à elle, le catégorise "d'oppositionnel". Même si je n'aime pas les étiquettes, elles peuvent tout de même aider car mettre un nom sur la "condition" peut nous permettre d'ajuster nos interventions...car celles présentées dans tous les livres, à appliquer avec des enfants "normaux" ne fonctionnent pas avec Philippe. Ça peut aider et même encourager de constater que ce n'est peut-être pas parceque nous (les parents) sommes totalement nuls (!), mais bien parceque un enfant "oppositionnel" comme Philippe a besoin d'un autre genre d'intervention.
J'ai toujours du mal à expliquer aux gens qu'est-ce que Philippe a de "différent". J'ai donc commencé des recherches pour faire le ménage dans ma tête, m'aider moi-même à comprendre le mécanisme de tout ça. Chummy et moi avons donc changé de "style" de lectures...il nous faut autre chose pour aider Philippe, pas les livres psycho-pop sur les enfants habituels.
À date, voici ce que je retiens de l'enfant oppostionnel (je résume autant que possible!) :
Qui est l'enfant oppositionnel?
Le trait de caractère le plus évident de l'enfant oppostionnel est son caractère défiant et ... oppostionnel. Il s'oppose à TOUT. Des chicanes en n'en plus finir surviennent à propos de des péquadilles. Les parents ont le sentiment de constament devoir marcher sur des oeufs. La moindre demande déclanche une guerre à n'en plus finir. Imposer des règlements à la maison et des limites deviennent un travail à temps plein, épuisant toutes les énergies parentales.
L'enfant oppositionnel se voit au même niveau que l'adulte. Par conséquent, il débat, argumente sans cesse. Nous renforçons ce comportement si on "nourrit" l'enfant en argumentant et justifiant sans cesse nos interventions!
Mais pourquoi est-il (elle) oppositionnel (le)?
Les parents d'enfants oppositionnels doivent comprendre que leurs motivations (inconscientes la plupart du temps) sont différentes des "autres" enfants. Il s'agit tout simplement d'un comportement que l'enfant juge "gagnant" et voit la réaction de leur parent comme une récompense.
En tant qu'adulte, si nous avons un différend avec notre enfant, notre réflexe est de trouver une solution à la dispute. Pour nous, gagner l'argumentation veut dire qu'en bout de ligne l'enfant fait ce que nous voulions qu'il fasse. Pour l'enfant, "gagner" veut dire qu'il réussit a démontrer son pouvoir. Comment démontre-t-il son pouvoir? En faisant fâcher, réagir ses parents. En tant que parents, on ne comprend absoluement pas pourquoi notre enfant met autant d'énergie à résister, puisqu'en bout de ligne (après une incroyable quantité d'énergie déployée de la part du parent, doit-on mentionner...!), l'enfant fait ce qu'on lui demandait. MAIS, pour l'enfant, c'est LUI qui a gagné, étant donné qu'il a réussi à nous faire fâcher, argumenter, dealer, discuter, menacer, nous rendre triste, afficher un air découragé, etc.
Vous me direz que tous les enfants aiment faire réagir leurs parents. Je vous dirai que ce qui est différent ici, c'est que l'enfant oppostionnel applique ceci à TOUS les aspects de sa vie. Absolument TOUS. Brosser les dents, s'habiller, partir pour un rendez-vous, partager un jouet, mettre la table, dire bonjour, aller prendre sa douche, ranger ses jouets, choisir un film, monter dans l'auto, essayer un vêtement ou des souliers au magasin, s'asseoir sur telle chaise au restau, partir quand c'est le temps, arrêter son jeu pour venir dîner, tout, tout, tout est prétexte à l'argumentation. Si j'appelle Philippe pour venir s'habiller pour jouer dehors, je sais que ce sera non. Si je lui dis de laver ses cheveux avec du shampooing, c'est non. Aller mettre son pyjama...non, toujours non. Et voilà la guerre qui recommence. Que ce soit la routine et que ça fasse des centaines de fois qu'il mette son pyjama et s'habille le matin, ça ne dérange absolument rien, il résiste et c'est toujours "non".
À noter que l'enfant n'applique pas nécéssairement ceci envers tout le monde. Il l'applique envers tous ceux qui représentent une autorité. Donc, la pauvre institutrice de Philippe commence à en ressentir les répercussions elle aussi...
On comprend que les parents, face à tout cela, tenteront d'éviter les confrontations si désagréables et si nombreuses dans une journée. Donc, voici notre petit oppositionnel qui gagne, au cours d'une journée, un TAS de victoires silencieuses. Résultat : les limites sont "étirées" et parfois même, complètement retirées.
Changer ce comportement?
Premièrement, mentionnons qu'il faut À TOUT PRIX éviter de RÉAGIR. Sachant qu'aussitôt que nous ayons une quelconque réation l'enfant gagne, demeurer de marbre ne récompensera pas notre petit "oppositionneux" (!) Surhumain me direz-vous. J'en conviens, mais nous n'avons pas le choix : pour faire disparaître l'action, nous devons retirer la récompense qui en découle. Ne pas argumenter. Ne pas discuter. Ne pas crier. Surtout, ne pas se justifier. Le calme PLAT...à la limite, rester de bonne humeur et sourire peut être une bonne idée!
Sachons aussi que nous devons éviter de discuter de quoi que ce soit dans le feu de l'action. Lorsque l'enfant est en colère, nous crie après, argumente, est impoli, ce n'est pas le moment de faire de même et de se mettre à hurler à notre tour. Soyons fermes et appliquons la règle que l'on avait choisi en cas de mauvais comportement de la part de l'enfant.
On nous conseille de faire une liste de règles et de conséquences si ces règles sont brisées. Les conséquences doivent être quelque chose que l'enfant perd : un jouet ou un privilège (pas le droit de regarder son émission ce jour-là). Notons ici qu'il est tout à fait INUTILE de promettre un privilège à l'enfant oppositionnel en échange de bon comportement : ce n'est PAS la récompense qu'il recherche. Quelle est la récomponse qu'il recheche? Vous vous souvenez??? Faire RÉAGIR le parent! La voilà sa récompense, c'est plus important que n'importe quoi d'autre!
On déconseille fortement de "dealer" avec l'enfant : "si tu range ta chambre, tu auras un bonbon". Un renforcement positif devrait suivre un bon comportement spontanné (de temps en temps, par à CHAQUE bon comportement) chez l'enfant : aller au cinéma avec un parent, par exemple.
L'important:
- Il faut se souvenir de rester calme et de contrôler nos émotions. Appliquer la conséquence une fois que notre colère intérieure soit passée. Dire à l'enfant qu'il agit mal et qu'il sera punit plus tard. L'enfant tentera de vous distraire et de vous "avoir" avec une impolitesse, un argument...attendez 5-10 minutes que la tempête soit passée.
- Dire à l'enfant qu'on l'aime...au moins 4 fois par jour!!! Ce peut être par des paroles, mais aussi par des gestes : des câlins, des phrases gentilles, des bisous...
- Faire ce que l'on peut pour qu'ils aient confiance en eux, qu'ils aient une bonne estime de soi. Les encourager dans leurs projets, les écouter, les supporter.
- Passer du temps avec eux. Faire des bricolages, regarder un film avec lui, cuisiner ensemble, marcher dehors, l'accompagner à un cours, jouer à la poupée, faire un casse-tête, regarder les insectes, les fleurs, les étoiles, les nuages...il ne s'agit pas ici de les occuper 12 heures par jour...l'enfant doit être capable de jouer seul, mais il est bon de passer du temps avec lui!
- S'intéresser à ce qu'il a à dire...et de grâce, retenez vous de toute critique et commentaire négatif!
- Ne pas s'attendre à des miracles...ce comportement ne disparaîtra jamais complètement!
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Je n'ai pas terminé mes lectures...d'autres postes sur l'enfant oppositionnel suivront sûrement!


1 Comments:
Merci!
Je suis une lectrice silencieuse depuis un moment déjà et si tu savais le bien que m'a fait la lecture de ton billet... En le lisant, j'avais tellement l'impression que tu parlais de mon garçon...il a 4 ans et c'est tout à fait lui... il a toujours été comme ca mais depuis environ 2 ans, nous nous questionnons et lisons (moi et mon conjoint) sur le tdah... oui il avait certaines des caractéristiques mais sans toutefois me convaincre que c'était ca... mais en te lisant, là je peux affirmer que "l'enfant oppositionnel" c'est tout a fait lui ... je redoute son entré à la maternelle au plus haut point même si ce n'est pas avant sept 2011.. Par ton billet, je pourrai effectuer de nouvelles recherches, de nouvelles lectures et qui je l'espère me donneront de nouvelles pistes d'interventions plus "adaptés" à ses besoins. Quoi que sincèrement, à la lecture de tes écrits j'ai tout plein de pistes de solution à mettre en place. Juste le fait de t'avoir lu me donne un nouveau souffle...
Merci! J'ai déjà hâte de te relire sur le sujet!
Isa
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